EXEMPLES D'IMPOSITION AU LUXEMBOURG
Déclaration fiscale 2026 ‣ revenus de 2025, quel sera le montant des impôts annuels ? Voici une série d’exemples qui pourront vous éclairer sur ces principes d’imposition.
Pour rappel, les barèmes d’impôt ont été revus à la baisse pour les revenus de 2025. Celle-ci sera accentuée pour les contribuables monoparentaux, veufs et âgés de plus de 64 ans.
EXEMPLE 1 : COUPLE DE NON-RÉSIDENTS MARIÉS, UN REVENU PROVENANT DU LUXEMBOURG ET UN REVENU D’UN AUTRE PAYS, AVEC 2 ENFANTS À CHARGE.
- Revenu du conjoint 1 au Luxembourg en 2025 : 88 000 € (il était de 82 400 € en 2024). Il s’agit du revenu servant de base à retenue, tel qu’indiqué au bas du certificat annuel de rémunération.
- Revenu du conjoint 2 dans son pays de résidence en 2025 : 25 000 € (24 000 en 2024).
- Charges déductibles en 2025 : 3 600 € d’intérêts emprunt immobilier (3 900 € en 2024).
- Dépenses spéciales (Assurances vie, RC véhicule, décès, mutuelle) : 2 350 € (2 200 € en 2024).
- Charges extraordinaires (frais de garde et/ou domesticité) : 1 900 € (idem en 2024).
Ces contribuables ont reçu, en janvier 2025, leur fiche de retenue d’impôt pour 2025, avec un taux de 14,6 %.
Ce taux d’impôt est établi et mis à jour annuellement en fonction de la dernière déclaration fiscale. Dans ce cas précis, il a été calculé sur la base de la déclaration portant sur les revenus de 2023, remplie courant 2024 et finalisée par l’administration fin 2024.
Compte-tenu de l’augmentation du revenu en 2025, et de la diminution de certaines déductions, on peut penser que le taux de 14,6 % est trop faible. Mais il ne faut pas oublier que le barème des impôts a diminué.
Avec ce taux de 14,6 %, l’impôt prélevé a été de 12 850 €. Après la déclaration annuelle de 2026, l’impôt sera de 13 248 €, donc un montant très proche, malgré l’augmentation de revenus.
S’il n’y avait pas eu de diminution d’impôt pour 2025, le montant d’impôt aurait été de 14 470 € au lieu de 13 248 €.
QUE PEUVENT FAIRE CES CONTRIBUABLES CONCERNANT LE TAUX RETENU À LA SOURCE ?
Le taux est proche de la réalité, donc il est conseillé de ne rien faire.
Il est toujours conseillé de vérifier si le taux de retenue communiqué par l’ACD en début d’année, sur le certificat de retenue d’impôt, est en phase avec la réalité fiscale du contribuable.
Cela dépend principalement du changement éventuel du montant des revenus.
Si le taux s’avère trop élevé, les retenues d’impôt mensuelles seront trop élevées. Elles seront néanmoins récupérables l’année suivante, après l’établissement de la déclaration fiscale.
S’il est trop faible, il faudra payer un complément l’année suivante.
Si nécessaire, et ce pour demander un taux correct, le contribuable peut à tout moment, demander une révision en remplissant
le document 166 F (voir page 74) L’ACD émettra alors une nouvelle fiche de retenue d’impôts avec un nouveau taux.
Il convient aussi de signaler que l’ACD procède automatiquement à l’envoi d’un nouveau certificat de retenue d’impôt quand elle a traité la déclaration du contribuable.
QUE PEUT-IL FAIRE D’AUTRE POUR DIMINUER SES IMPÔTS ?
Avec des revenus en hausse et des impôts en baisse, ce contribuable dispose de liquidités supplémentaires qu’il peut utiliser pour optimiser sa situation fiscale.
Ce ménage peut épargner 600 € par mois, soit 7 200 € par an, en souscrivant à des produits fiscalement déductibles.
Il peut profiter de l’augmentation de déduction possible en 2026 du plan d’épargne prévoyance vieillesse (épargne retraite) pour 3 600 € par an pour chacun des contribuables (voir page 35 : Les plans d’épargne prévoyance vieillesse).
Avec cette épargne déductible, l’impôt annuel diminuerait de 2 359 € et retomberait à 10 889 €. Cet investissement permettrait d’avoir, ici, un rendement fiscal direct de quasiment 33 %.
Dans le cas présent, les contribuables, plutôt que de devoir repayer 398 € d’impôts à l’administration, récupéreraient au contraire un trop retenu d’impôt à la source de 1 961 €. Le taux de retenue d’impôts serait alors de 12,37 % au lieu des 15,05 % (taux prévu sans déductions).
Si ces contribuables mariés souhaitent optimiser de manière complète leur situation afin d’atteindre le plafond déductible maximum dans chaque groupe de dépenses spéciales déductibles, ils pourront encore pour cette année 2026 (à condition que l’un d’eux soit âgé de moins de 41 ans) épargner un montant total de 14 376 € par an (soit : épargne prévoyance vieillesse de 2 x 4 500 € et épargne logement de 4 x1 344 €).
Cela leur donnera alors un gain fiscal de 4 477 €, ou plus de 31 % de gain fiscal.
Au niveau des assurances vie, comme ils sont déjà à 2 200 pour toutes leurs assurances (RC véhicule, décès, santé mutuelle) et que le plafond maximum déductible est de 2 688 € (ou 4 x 672) ils n’ont plus que 488 € à déduire.
Ils ont peu d’intérêt par contre à souscrire une nouvelle assurance vie, pour déduire ces 488 € restant, car vu qu’en général, le minimum de prime pour démarrer une assurance vie est de 600 € par an et qu’en plus les primes d’assurances véhicules, mutuelle, santé etc. augmentent un peu chaque année, d’ici 3 ou 4 ans, le trou restant de 488 € sera vite comblé.
Ainsi, avec ces deux plans d’épargne souscrits, (pour 11 776 €) l’impôt annuel, après déclaration fiscale ne serait plus que de 8 618 € soit une diminution d’impôts de 3 685 €.
Le taux de retenue d’impôts à la source diminuerait aussi pour se situer à 13,10 % au lieu de 10,45 %.
EXEMPLE 2 : COUPLE DE NON-RÉSIDENTS MARIÉS, UN REVENU PROVENANT DU LUXEMBOURG ET UN REVENU D’UN AUTRE PAYS, AVEC 2 ENFANTS À CHARGE.
- Revenu du conjoint 1 au Luxembourg : 96 800 € (revenus servant de base à la retenue d’impôt.
- Revenu du conjoint 2 : 25 500 € dans son pays de résidence.
- Charges déductibles 3 650 € intérêts emprunt immobilier, maison occupée depuis 2014.
- Dépenses spéciales (assurances vie, RC véhicule, décès, mutuelle) : 2 350 €.
- Dépenses extraordinaires (frais de garde et/ou domesticité) : 2 200 €.
Ces contribuables avaient un taux de retenue de 15 % en janvier 2025. Ils ont donc eu une retenue d’impôt à la source de 14 405 €. Après le dépôt de leur déclaration et donc du recalcul de leur impôt, le montant est passé à 16 130 €, soit un supplément de 1 725 €.
Mais en 2025, en plus le conjoint 1, qui est salarié au Luxembourg a commencé une activité d’indépendant complémentaire dans son pays de résidence. Cette activité a bien démarré dès le départ, et son bénéfice commercial imposable étranger exonéré, fin 2025 a atteint le montant de 16 500 €.
CAS 1 : SI CE CONTRIBUABLE EST RÉSIDENT EN FRANCE OU EN ALLEMAGNE !
Dans ce cas, il ne répond plus aux conditions pour pouvoir être assimilé. Non seulement il a moins de 90% de ses revenus perçus au Luxembourg (point 322 page 3 de la déclaration 100 F) et en plus, il dépasse les 13 000 € de revenu à l’étranger (point 323 de la déclaration 100 F).
L’administration imposera alors le contribuable suivant le droit commun. C’est-à-dire, application du barème de la classe d’impôt 1. Le calcul d’impôts se fera alors sur base de son revenu imposable luxembourgeois, sans tenir compte des revenus étrangers et, surtout, sans pouvoir alors déduire l’ensemble de ses charges, dépenses spéciales et autres intérêts d’emprunts déductibles.
De ce fait, son imposition annuelle sur son revenu luxembourgeois de 96 800 € sera de 27 302 €. L’administration lui réclamera un complément d’impôts de 12 897 €, soit la différence entre l’impôt annuel de 27 302 € et la retenue à la source de 14 405 €.
D’autre part, ce contribuable sera imposé dans son pays de résidence sur ces 16 500 € de revenus d’une activité complémentaire.
Il convient alors de calculer l’ensemble des impôts dans les deux pays et de voir s’il n’est pas plus judicieux de diminuer son activité complémentaire afin de rester sous la barre des 13 000 € et de continuer à être assimilé au Luxembourg (et déduire les charges, intérêts…).
CAS 2 : CE CONTRIBUABLE EST RÉSIDENT EN BELGIQUE !
Dans ce cas il pourra toujours être assimilé, puisque les résidents belges sont assimilables si plus de 50 % des revenus mondiaux du ménage proviennent du Luxembourg.
Il sera alors imposé en tenant compte de ses nouveaux revenus, ce qui fera augmenter son impôt qui sera alors de 19 054 €, et non pas 27 302 € comme pour un résident français ou allemand.
La retenue à la source étant de 14 405 € il aura un complément d’impôt à payer de 4 649 € au Luxembourg et un nouveau taux d’impôts porté à 19,84 %.
L’administration lui réclamera cette somme puis, après l’établissement de sa déclaration fiscale annuelle lui enverra une nouvelle fiche de retenue d’impôt avec le nouveau taux.
Par contre il devra s’attendre en Belgique à un impôt à payer de près de 7 000 € sur ces 16 500 € de revenus d’activité complémentaire belge.
Même si l’impact fiscal pour ce résident belge est limité au Luxembourg, vu le montant des impôts belges, cela réduira aussi le résultat net de cette activité complémentaire.
Le résultat net sera alors de 6 576 € soit [16 500 – 2 924 (19 054 – 16 130) – 7 000 ], soit à peine 39 % net du revenu imposable de cette activité complémentaire.
QUE PEUVENT FAIRE CES CONTRIBUABLES POUR OPTIMISER LEUR SITUATION ET DIMINUER LEURS IMPÔTS ?
Pour le contribuable résident belge avec 16 500 € de revenus imposables d’indépendant complémentaire.
Une épargne annuelle de 8 000 € dans des produits déductibles permettra une diminution d’impôt de 2 863 €, soit un rendement fiscal de 36 %. Cela le ramènera à un impôt annuel de 16 191 € soit quasiment identique à celui qu’il aurait eu au Luxembourg sans cette activité complémentaire .
Pour 2026, en supposant les mêmes revenus, il décide d’optimiser sa déclaration en investissant, comme le permet la loi fiscale, la somme de 14 376 €, ( soit 4 500 € x 2 + 1344 € x 4 ) .
Cela lui donnera alors un impôt annuel final de 13 987 €, et donc un retour d’impôts de 418 €, ce qui est fortement plus favorable que de devoir payer 4 649 € sans cette optimisation fiscale.
Pour le contribuable résident français ou allemand avec 16 500 € de revenus imposables d’indépendant complémentaire. Comme vu plus haut, il ne peut plus rien déduire, vu la non assimilation possible, donc il n’obtient aucun avantage.
En revanche, si son revenu d’indépendant n’est pas de 16 500 € mais de 12 500 € par exemple, son impôt annuel serait de 18 416 €, et il sera imposé de manière collective en classe 2, puisque assimilable.
Dans ce cas, une épargne annuelle de 9 000 € dans des produits déductibles lui donnerait une diminution d’impôt de 2 241 €, soit un rendement fiscal de 25 %.
Il peut encore optimiser sa déclaration en investissant, comme vu ci-dessus, la somme de 14 376 €, ce qui lui donnerait une diminution d’impôts globale de 5 142 €.
EXEMPLE 3 : COUPLE DE NON-RÉSIDENTS MARIÉS, UN REVENU PROVENANT DU LUXEMBOURG ET UN REVENU D’UN AUTRE PAYS, AVEC 2 ENFANTS À CHARGE.
- Revenu conjoint 1 au Luxembourg : 68 500 € (servant de base à retenue).
- Revenu conjoint 2 : 98 000 € dans son pays de résidence.
- Charges déductibles : 7 900 € (intérêts emprunt immobilier commun, maison occupée depuis 2021).
- Dépenses spéciales (assurances vie, RC véhicule, décès, mutuelle) : 3 000 € (dont 2 100 € au nom du conjoint 1).
- Dépenses extraordinaires (frais de garde et/ou domesticité) : 5 400 €, tout au nom du conjoint 1.
Ces contribuables peuvent être assimilés puisque la totalité des revenus du conjoint 1 provient du Luxembourg (donc au- dessus des 90 % requis). Depuis 2018, ils peuvent alors choisir entre une imposition collective ou individuelle.
S’ils optent pour une imposition collective.
L’administration cumule les deux revenus et déduit toutes les charges du ménage (dans les limites fiscales : maximum 2 688 €
pour les assurances sur leurs 3 000 € réels) avant d’appliquer le taux d’impôt suivant le barème de la classe d’impôt 2. Le montant d’impôt annuel est alors de 14 412 €.
Ils pourraient en 2026 optimiser leur situation fiscale, tout en restant imposés collectivement, avec des placements déductibles pour un total de 14 376 € (4 500 € chacun en épargne retraite et 5 376 € ou 4 x 1 344 en épargne logement). Ainsi, leur
impôt descendrait à 10 080 €.
Mais, même avec cette épargne de 14 376 € cette imposition collective n’est pas du tout la meilleure des solutions.
S’ils optent pour une imposition individuelle pure.
Dans ce cas, seul le revenu du conjoint 1 est pris en compte, ainsi que ses déductions propres et la moitié des déductions communes, quand celles-ci sont au nom des deux contribuables.
Vu la demande d’imposition individuelle pure, l’administration applique alors le barème de la classe d’impôt 1, pour le calcul de l’impôt. Le montant annuel d’impôt sera de 10 926 € (au lieu de 14 412 € en imposition collective).
Il peut en plus optimiser en 2026, sa situation grâce à des placements déductibles, uniquement réalisés à son nom, pour un total de 7 188 € : épargne retraite de 4 500 € et 2 688 € en épargne logement.
Cela ferait alors diminuer l’impôt, qui ne serait plus que de 7941 €, soit 6 471 € de moins qu’en cas d’imposition collective
sans optimisation.
On constate aussi que cette optimisation fiscale avec ses 7 188 € d’épargne constituée lui donne un retour d’impôts de 2 985 € (10 926 – 7 941) soit un rendement fiscal de plus de 41,5 %.
Conclusion : Dans un cas comme celui-ci où le revenu au Luxembourg est largement inférieur au revenu étranger, une imposition individuelle pure sera plus favorable que l’imposition collective.
Attention toutefois : si le revenu étranger n’est que légèrement supérieur au revenu luxembourgeois, il sera judicieux de faire les 2 simulations fiscales (déclaration collective et déclaration individuelle), car il n’est pas toujours certain que la déclaration individuelle soit le système le plus attractif.
EXEMPLE 4 : COUPLE DE NON-RÉSIDENTS MARIÉS, UN REVENU PROVENANT DU LUXEMBOURG ET UN REVENU D’UN AUTRE PAYS, AVEC 2 ENFANTS À CHARGE.
- Conjoint 1 : 97 000 € de revenus au Luxembourg.
- Conjoint 2 : 33 000 € de revenus dans son pays de résidence.
- Biens immobiliers loués à l’étranger (France, Belgique, Allemagne) : 31 000 € de loyers communs.
- Intérêts d’emprunt immobilier : 3 800 €.
- Dépenses spéciales (assurances vie, RC véhicule, décès, mutuelle) : 3 000 €.
- Dépenses extraordinaires (frais de garde et/ou domesticité) : 4 000 €.
CAS 1 : LE COUPLE EST RÉSIDENT FRANÇAIS OU ALLEMAND.
Ce couple ne remplit aucune des deux conditions pour être imposé collectivement en classe 2 :
Calcul des revenus étrangers : 31 000 € – 3 800 € d’intérêts = 27 200 €, soit 13 600 €, ce qui est au-dessus du plafond de 13 000 €.
Part des revenus luxembourgeois : 97 000 € sur 110 600 € au total = 87,7 %, ce qui est en dessous du seuil de 90 %.
Le conjoint 1 est donc automatiquement imposé en classe 1. Conséquence directe : aucune déclaration fiscale annuelle n’est possible, et aucune déduction ne peut être appliquée pour réduire l’impôt. Son impôt annuel s’élève à 27 281 €.
La transition 2024-2025 : en 2024, sans revenus locatifs étrangers, ce contribuable était assimilable et imposé en classe 2 au taux provisionnel de 18 %, soit 17 460 € retenus. En 2025, avec l’apparition des revenus locatifs, il perd l’assimilation. Une déclaration de régularisation est alors obligatoire : l’Administration recalcule son impôt en classe 1 à 27 281 €, soit un redressement de 9 821 € à payer.
À partir de 2026, plus aucune déclaration ne sera possible.
COMMENT SORTIR DE CETTE SITUATION ?
Piste 1 — Recalculer les revenus locatifs selon les règles luxembourgeoises :
Les règles de calcul des revenus locatifs nets sont différentes entre la France et le Luxembourg. Dans la grande majorité des cas, le revenu net calculé selon les règles luxembourgeoises (document 190/210 F) est inférieur au revenu déclaré en France.
Si les revenus locatifs nets tombent à 29 500 €, cela donne : 29 500 € – 3 800 € = 25 700 €, soit 12 850 € par personne sous le seuil de 13 000 €.
Le contribuable retrouve l’assimilation et est imposé en classe 2 : 21 334 € d’impôt annuel, voire 18 236 € avec des placements déductibles (14 376 €), soit 9 045 € d’économies. Piste 2 — Vendre un bien immobilier locatif :
Si le montant de 31 000 € est correct, la vente d’un bien rapportant plus de 2 000 € nets par an ferait passer les revenus locatifs du ménage sous les 26 000 €, soit moins de 13 000 € par personne.
Le contribuable retrouve l’assimilation et bascule en classe 2 : 21 334 € d’impôt, voire 18 236 € avec optimisation — plus de 9 000 € d’économies pour une réduction de revenus de seulement 1 500 €.
Attention : ne calculez pas trop juste. Les intérêts d’emprunt diminuent chaque année tandis que les loyers risquent d’augmenter, ce qui pourrait faire repasser les revenus locatifs au-dessus du seuil.
CAS 2 : LE COUPLE EST RÉSIDENT BELGE.
Les résidents belges bénéficient de règles plus favorables. Même avec 31 000 € de revenus locatifs étrangers, ils peuvent
être imposés en classe 2, à condition que plus de 50 % des revenus globaux du ménage proviennent du Luxembourg.
Leur impôt annuel s’élève alors à 21 509 €, soit 5 772 € de moins qu’en classe 1. Avec 14 376 € de placements déductibles, il peut descendre à 16 589 €.
EXEMPLE 5 : UN COUPLE PACSÉ AVEC UN ENFANT ET DEUX REVENUS LUXEMBOURGEOIS
Deux contribuables célibataires et pacsés, avec un enfant en commun à charge du contribuable B, chacun des deux travaille au Luxembourg. Le contribuable A est imposé en classe 1 et le contribuable B en classe 1a.
Contribuable | Classe d’impôt | Revenu imposable | Impôt retenu a la source |
Contribuable A | 1 | 70 000 € | 16 118 € |
Contribuable B | 1a | 54 000 € | 6 958 € |
Contribuable A + B | – | 23 076 € |
Si ces contribuables décident de faire une déclaration commune en valorisant ce pacs, et ce sans déduire quoi que ce soit, leur impôt annuel sera de 23 244 €, donc plus élevé que ce qui leur a été retenu à la source. Le surplus sera de 168 €.
En 2024, avec les mêmes revenus la situation était totalement inversée puisque la retenue à la source était de 26 331 € (soit 16 918 + 9 413) et l’impôt annuel après déclaration fiscale commune était de 24 845 €. Le gain d’impôt était de 1 485 €.
Pour 2025, la baisse du barème de la classe 1A change la donne : la déclaration collective n’est plus systématiquement la plus avantageuse. Il convient donc d’analyser chaque situation avant de faire son choix.
Reprenons cet exemple en tenant compte des charges extraordinaires déductibles :
- 4 000 € de frais de domesticité pour le contribuable A
- 5 000 € de frais de garde d’enfant pour le contribuable B
- 9 000 € d’intérêts de l’emprunt immobilier commun pour la résidence principale occupée depuis 2016
- Autres dépenses spéciales : Assurances RC véhicule, mutuelle, complémentaire santé : 1 000 € au nom du contribuable 1 et 2 400 € au nom du contribuable 2.
CHOIX 1 :
Grâce au pacs, ils font une déclaration commune et sont donc imposés en classe 2. Leurs revenus cumulés s’élèvent à 124 000 € (70 000 + 54000).
Pour les frais de garde d’enfants et de domesticité, la déduction est plafonnée à 5 400 € (le forfait étant plus avantageux que les frais réels). Les intérêts d’emprunt de 9 000 € sont intégralement déductibles, le plafond étant fixé à 3 000 € par personne dans le ménage.
Les dépenses spéciales (assurances) sont limitées à 2 016 €. L’impôt annuel calculé via la déclaration fiscale s’élève à 18 335 €. La retenue à la source ayant été de 23 076 €, le couple récupère 4 741 €.
La déclaration fiscale commune est donc clairement avantageuse !
CHOIX 2 :
Chacun décide de faire sa propre déclaration individuelle. Le contribuable A est imposé en classe 1 et peut déduire ses charges extraordinaires (frais de domesticité) de 4 000 €.
Il peut aussi ajouter 672 € pour ses dépenses spéciales sur ses 1 000 € de dépenses réelles, et 3 000 € (plafond maximum par personne dans son cas) d’intérêts d’emprunt immobilier sur ses 4 500 € réels (soit 50 % de 9 000 €).
Son impôt annuel est alors de 13 739 €, soit un gain de 2 379 € (16 118 – 13 739 = 2 379 €).
Le contribuable B est imposé en classe 1A et peut déduire ses charges extraordinaires (frais de garde) de 5 000 €. Il peut aussi déduire 1 344 € pour ses dépenses spéciales (sur ses 2 400 € de dépenses réelles), et 4 500 € réels (soit 50 % de 9 000 €) d’intérêts d’emprunt.
Son impôt annuel est alors de 2 681 €, soit un gain de 4 277 € (6 958 – 2 681= 4 277 €).
N.B. Ces deux déclarations distinctes permettent des déductions de charges extraordinaires plus élevées que dans le cas d’une déclaration collective (choix 1). En effet, l’un peut déduire 4 000 € et l’autre 5 000 €. Dans la déclaration collective, le montant était de 5 400 €.
On a aussi des déductions différentes en fonction de la classe d’impôts de l’enfant à charge et des plafonds applicables pour chacun. Au total, l’impôt est de 16 420 € dans le cas de la déclaration individuelle, contre 18 335 € pour la déclaration commune.
Attention : Un cas n’est pas l’autre. Il est toujours vivement conseillé de faire une analyse fiscale avant de faire le bon choix entre imposition individuelle ou collective, car tout dépend des revenus et déductions de chacun.
EXEMPLE 5 BIS:
Contribuable | Classe d’impôt | Revenu imposable | Impôt retenu a la source |
Contribuable A | 1 | 68 000 € | 15 283 € |
Contribuable B | 1a | 52 000 € | 6 123 € |
Contribuable A + B | – | 21 406 € |
Supposons qu’en plus des charges extraordinaires citées ci-dessus, ce couple a en plus les déductions suivantes :
- Contribuable A : un emprunt immobilier de 9 000 € pour sa maison acquise en 2020 ; des dépenses spéciales assurances (assurance décès, mutuelle, RC véhicule…) pour 2 100 €, et une épargne prévoyance vieillesse de 2 400 €.
- Contribuable B : des dépenses spéciales en assurances (mutuelle, RC véhicule…) pour 400 € et une épargne prévoyance vieillesse de 1 200 €.
Dans ce cas, s’ils font une déclaration collective, le montant de l’impôt sera de 17 862 €, soit un retour d’impôts de 3 544 €.
Par contre, s’ils avaient réalisé chacun une déclaration individuelle, le contribuable A aurait dû payer un impôt de 13 568 € soit un gain de 1 715 €, et le contribuable B, un impôt de 5 517 €, avec un gain alors de 606 €.
On voit donc ici un gain cumulé de 2 321 € en déclaration individuelle ce qui est moindre que le gain de 3 544 € obtenu lors de l’établissement de la déclaration collective.
Pour ce couple, la déclaration collective est plus avantageuse : elle génère un gain supplémentaire de 1 223 € par rapport aux déclarations individuelles (3 544 € contre 2 321 €).
EXEMPLE 6 : UN COUPLE PACSÉ SANS ENFANT, AVEC UN REVENU AU LUXEMBOURG ET L’AUTRE À L’ÉTRANGER.
Le pacs a été conclu dans le pays de résidence durant l’année 2024.
- Revenu du conjoint 1 au Luxembourg : 86 000 € (impôt annuel en 2024, classe 1 : 23 595 €) ;
- Revenu conjoint 2 : 16 000 € dans son pays de résidence ;
- Dépenses spéciales (assurances vie, RC véhicule, décès, mutuelle) : 1 200 € ;
- Dépenses extraordinaires (frais de domesticité) : 1 400 €.
Pour cette déclaration des revenus de 2025, ce sera la première fois que ce contribuable pourra opter, si cela est intéressant pour lui, pour une déclaration collective.
Pour rappel il faut que le pacs existe du 1er janvier au 31 décembre de l’année fiscale en question, afin de pouvoir opter pour cette imposition collective, ce qui n’avait pas été le cas en 2024, année où ils ont signé cette convention de pacs.
Le pacs ne modifie pas la classe d’impôt appliquée à la source, mais il permet de demander une imposition collective en classe 2 lors de la déclaration annuelle (voir page 24).
CHOIX 1 :
Le contribuable choisit de faire sa déclaration fiscale en tant que célibataire donc suivant le barème d’impôt de la classe 1 en 2026 pour ses revenus de 2025.
Dans ce cas, son imposition passe à 22 927 €, compte tenu de ses dépenses et charges déductibles. Il a donc une réduction fiscale de 668 € par rapport à la retenue à la source.
CHOIX 2 :
Vu l’existence du pacs du 1er au 31 janvier de l’année fiscale, ils choisissent d’établir une déclaration fiscale annuelle commune, afin de pouvoir être imposés collectivement suivant le barème d’impôt de la classe 2.
Avec cette imposition collective leur impôt annuel s’élève à 13 349 €, soit une récupération annuelle de près de 10 246 €.
Au vu des montants d’impôts, on constate que le choix de l’imposition collective est le choix le plus évident à faire.
En résumé, plus la différence entre le revenu luxembourgeois et le revenu étranger est importante, et plus la réduction fiscale liée à l’imposition collective en classe d’impôt 2 est attractive, à condition que le contribuable soit en classe 1 au Luxembourg.
Pour un contribuable en classe 1 A, il sera également judicieux de procéder à une analyse fiscale préalable car selon les revenus et selon l’écart entre les revenus luxembourgeois et étrangers, il est possible qu’une déclaration commune soit défavorable.
Exemple : Prenons cette fois un contribuable en classe 1A au Luxembourg avec 40 000 € de revenus imposables et avec des déductions identiques au cas précédent.
Le conjoint pacsé dispose lui de son côté, la somme de 30 000 € de revenus étrangers exonérés.
Une déclaration individuelle lui donnerait 455 € à récupérer.
Tandis qu’une déclaration collective aurait donné un impôt total de 2 829 € soit 662 € de plus que ce qui lui avait été retenu à la source.
Donc aucun avantage ici d’opter pour l’imposition collective.